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Mes petits conseils

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Cancer : le poids des mots sur les maux

5 février 2019

En voulant bien faire, parfois, on se mêle un peu les pinceaux lexicaux. Accompagner, aider, c’est penser positivement de façon réaliste. En découle du bien-être sur le corps et développe l’estime de soi. 

  • Oh ma pauvre. Tu n’avais pas besoin de cela. (Traduction : tu n’as vraiment pas de chance dans la vie)
  • Que cela va être dur. (Traduction : Je te dis que ça va être dur).
  • Un cancer ! Oh mon Dieu. (Renvoi à la mort ou vie éternelle, mais pas sur terre en tout cas.)

Allez, je vous laisse déduire le message sous-jacent des phrases suivantes 😉 :

  • Tu prends des antidépresseurs ? tu vas devoir. Là, tu as la pêche, mais bon… 
  • Tu vas avoir du mal à récupérer. 
  • C’est beau cette cicatrice … mais c’est choquant quand même. (Prends ça dans ton sein !)
  • Une mastectomie préventive, ce n’est pas de l’automutilation .

1. Derrière cette maladresse qui se veut parfois bienveillante, il faut aussi lire la peur que nous avons tous du cancer.  Aussi, l’individu en face de vous, dans la plupart des cas, ne fait que projeter sa propre angoisse du cancer. Il ne s’adresse pas réellement à nous, mais il verbalise sa propre peur. (Mais bon, on en a pas besoin ;).


2. Et l’individu se fait une représentation de ce que doit être une personne atteinte d’un cancer. Visiblement, on doit être mal, en souffrance psychologique et physique. Sinon, c’est incohérent pour lui. Et, on le sait, l’être humain a besoin de cohérence. Il a appris à catégoriser les informations dès son plus jeune âge.

Exemples :

Si je vous dis « canari », je mets mon sein à couper que vous me répondez « jaune ». Alors qu’il en existe des oranges. 

Cancer = malade, vomi, chimio, dégoût, mort, cheveux, … Alors que certaines personnes ont la pêche car elles ont une grande force de vie.(cf. études d’Alain Lieury, psychologue en cognition cognitive)

Si tu le dis alors …

Ses mots peuvent provoquer des peurs chez la personne qui les reçoit. Mince, je vais être ainsi . Mince, je vais être hyper malade alors. Mince, je vais être super pas bien ? et parfois, inconsciemment, ils conditionnent à ce que l’on doit être dans cette situation. Le cerveau se prend des émotions négatives et pensées négatives qui peuvent le crisper, le fatiguer, et, à la fin, le fragiliser. Impactant au passage le corps. 

Il faut être irréaliste alors  ?

L’idée n’est pas de nier la réalité et d’être béni oui. Nous le savons, parce que nous le vivons, un cancer du sein, ce n’est pas une partie de plaisir (Si c’était l’inverse, j’écrirais des articles « vive le cancer » ou inventerais des événements type « Chouette, j’ai cancer ! Principe : organiser une fête des nénés atteints ! en référence à la fête du slip. » Ou peut-être des séjours  » les douleurs aux seins, comment renforcer leurs impacts pour les rendre plus intenses en 8 jours ».)

Aider en étant un positif réaliste

Un cancer du sein est une maladie qui fait appel aux ressources morales et au dynamisme. C’est une lutte psychologique et physique. Ce n’est pas un hasard si les femmes atteintes mettent dans leur profil Instagram ou Facebook…  » fighteuse  »  » Warrior  » et lorsque l’étape est passée  » cancer Survivor « . Nous déployons beaucoup d’énergie pour rester confiante, pour rester dans une positive réaliste (encore une fois, être positive, ce n’est pas être dans l’illusion), pour combattre nos propres peurs, nos angoisses. 

Et, vous l’avez compris, nous avons besoin de personnes qui nous aident à délier les pensées négatives, à libérer nos émotions, à mettre des mots sur ce que l’on vit dans l’épreuve, pour pouvoir rééquilibrer la balance entre pensées positives et négatives. Ceci explique, entre autres, l’explosion des groupes « cancer » sur les réseaux sociaux. Nous y partageons nos angoisses, nos rires, nos colères, nos peurs, … et surtout notre optimisme.

Parce que l’optimisme fait vivre

Une étude portée sur des nonnes vivant a démontré que les plus optimistes vivaient plus longtemps. Et pas qu’un peu. »En étudiant les lettres de motivation rédigées avant leur entrée au couvent dans les années 1930, des psychologues de l’université du Kentucky ont pu déterminer que les religieuses identifiées comme les plus optimistes avaient vécu, en moyenne, dix ans de plus que les moins positives, et en meilleure santé. »(cf. : la célèbre Nun Study (« étude des nonnes » -« Positive emotions in early life and longevity : findings from the nun study », collectif in Journal of Personality and Social Psychology, 2001)

De son côté, le sociologue néerlandais Ruut Veenhoven estime, après avoir analysé une trentaine d’études convergentes, que les gens les plus satisfaits vivent entre sept et dix ans de plus que ceux qui le sont moins. 

Moralité :

Inutile de devenir une nonne, mais simplement d’être bien accompagnée et de s’entendre dire :

 » tu es jolie aujourd’hui « …parce que c’est vrai

 » certes, il y a ce risque de nécrose à l’opération, mais j’ai confiance en toi parce que tu as de la force. »….

Et à nous de voir le bon côté des choses (et il y en a ! ) et de se le dire. Et puis, de cracher le négatif (écriture, accompagnement psy, dessin, poupée vaudou 😉 (après tout…) …).


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